Pourquoi la Bretagne est Celtique ?

Décidément, la Bretagne est une terre de mystère et elle le restera. En effet, les experts ne sont pas tous d’accord sur les origines de la Bretagne.

Pourtant, il se dégage de cette région une énergie étonnante qui se retrouve dans son folklore, l’affirmation de son identité ou de sa musique.

Mais quelles sont les nations celtes reconnues officiellement ?

La Bretagne en fait-elle partie ?

Tapisserie représentant le roi Arthur devant une Croix Celtique

Quels sont les 6 pays celtes officiellement reconnus par la Ligue Celtique ?

Tout d’abord, il faut savoir que la Ligue Celtique correspond à un mouvement politique. Son objectif est d’encourager la coopération des 6 nations celtes qui sont :

  1. La Bretagne (oui, la Bretagne est bien considérée comme une nation celte !)
  2. Les Cornouailles
  3. L’Écosse
  4. L’Île de Man
  5. L’Irlande
  6. Le Pays de Galles. 

C’est une organisation internationale qui soutient les différents combats des nations celtes, qui militent pour leur liberté aussi bien culturelle, que politique, sociale et économique.

Ainsi, les mouvements nationalistes des 6 nations celtiques peuvent se rassembler au sein de cette organisation internationale.

Carte Des Nations Celtes reconnues officiellement par la ligue celtique
Carte des nations celtes

Une culture celte revendiquée par les Bretons

Saviez-vous que les Bretons ont de tout temps résisté et affirmé leur indépendance, face à des envahisseurs puissants, tels les Romains, les Anglais ou encore les Vikings ?

Cette région de France à toujours été convoitée mais aucune puissance n’a réussi à la soumettre.

C’est pour cette raison que la France n’a pu rattacher la Bretagne au pays, qu’à partir du XVIᵉ siècle.

Les Bretons se sont donc toujours battu pour préserver leur indépendance et pour affirmer leur identité celte. Puis, elle a été délaissée pendant un temps.

C’est à partir des années 1980, que les citoyens bretons ont voulu encore réaffirmer leur culture celte, notamment en instaurant la signalisation bilingue des panneaux routiers.

Ils ont également décidé d’apporter un soutien financier plus grand aux écoles bilingues, qui enseignent le breton.

À cela s’ajoute des aides importantes apportées aux différentes associations qui défendent la culture celte.

C’est d’ailleurs le fait de revendiquer leur culture celte et de la mettre en valeur qui rend la région si attractive et populaire.

Chaque année, se tient à Lorient le Festival Interceltique qui rassemble 350 000 personnes ! Un vrai succès populaire !

Défilé avec les drapeaux des Nations Celtes au Festival Interceltique (Lorient en 2021)
Défilé avec les drapeaux des Nations Celtes au Festival Interceltique (Lorient en 2021)

Une histoire celtique bretonne controversée

Il semblerait que des historiens et archéologues remettent en doute la présence des Celtes en Bretagne. Les preuves écrites manquent sur ce sujet, puisque la transmission orale dominait à l’époque.

La Bretagne Celtique serait-elle un mythe ?

Il existe une hypothèse selon laquelle les Celtes seraient arrivés d’Europe Centrale.

Ils se sont divisés en deux groupes. Un groupe s’est dirigé vers l’Angleterre, l’Irlande, l’Écosse.

L’autre serait allé vers la péninsule Ibérique, tout en évitant de passer par la Bretagne.

Les Celtes étaient un peuple qui migrait et cherchait donc ensuite à s’intégrer aux populations locales.

Mais ils n’ont pas pu faire cela au sein des communautés bretonnes. L’identité locale y était trop affirmée pour accepter d’y intégrer des étrangers de culture si différente.

Pourtant, le rapide passage des Celtes en Armorique aurait pu malgré tout y laisser une trace palpable, bien qu’ils n’aient réussi leur intégration.

On dit d’ailleurs qu’il subsiste toutefois dans le patrimoine génétique des Bretons, les marqueurs de l’ADN ces Celtes continentaux…

Alors si la présence des Celtes n’est plus tout à fait un mythe, elle n’en reste pas moins mystérieuse…

Illustration représentant le peuple celte dans le monde ancien
Illustration représentant le peuple celte dans le monde ancien (De l’an 1000 à l’an 4 avant JC)

Des traditions païennes effacées par la christianisation

Parmi les traditions et la mythologie bretonne présentes au Moyen-Âge, il régnait notamment le culte de la nature et des divinités spécifiques.

Bien que les traditions païennes aient été bien acceptées par les Romains, il y a eu une perte incontestable des grands récits celtiques via la christianisation.

Sans compter la disparition des lieux de culte païens, voire leur modification, pour laisser place au christianisme.

C’est la christianisation qui fait que les Bretons se voient affublés d’origines troyennes, avec le mythe du Roi Brutus.

De ce fait, on a pu observer pendant de nombreuses années, un manque d’intérêt pour les traditions et mythes païens qui rattachent la Bretagne à ses origines.

Il y a pourtant eu un regain d’intérêt à partir du XVIIIᵉ siècle.

À l’époque de la Révolution Française, suite à la perte d’autonomie de la Bretagne, des celtomanes convaincus ont eu l’initiative de défendre la véritable identité de la Bretagne.

C’est pourquoi sont alors réapparus les récits liés à tradition païenne de Bretagne.

La légende celtique reprend des couleurs.

La forêt de Brocéliande évoquée dans les romans arthuriens s’incarne dans la forêt de Paimpont, où se trouverait le tombeau de Merlin.

On place la ville engloutie d’Ys au large des côtes de Douarnenez. La Bretagne se réapproprie alors sa culture celte.

Le tombeau de Merlin dans la forêt de Brocéliande en Bretagne
Le tombeau de Merlin dans la forêt de Brocéliande en Bretagne

Une réelle identité celtique : langue, musique et coutumes

L’héritage de l’identité celtique est incontestablement omniprésent sur les terres de Bretagne. Tout y rappelle la culture celte, des paysages battus par les vents, aux vestiges mégalithiques, en passant par les croix celtiques bretonnes.

Si l’on en doutait encore, la Bretagne est bien une région celte, d’où la naissance du terme « Celtitude ».

Cette « Celtitude » se retrouve notamment dans la volonté des Bretons de conserver leur culture originale, en continuant de faire vivre leur langue d’origine celte.

C’est leur façon de revendiquer leur singularité et leurs racines. Pour faire vivre cette identité celte au-delà de leurs frontières, les nations celtes font vivre entre elles une formidable solidarité qui se traduit par la mise en place de jumelages entre des villages anglais et bretons.

Il existe encore des communautés druidiques qui perpétuent les pratiques ancestrales. Elles sont reliées à la nature, qui occupe une place de choix dans le cœur des Celtes.

Ces traditions passent aussi par les récits légendaires de Bretagne, comme Merlin et le roi Arthur ou les fées Morgane et Viviane.

Les plantes médicinales cueillies dans la nature permettent d’effectuer les rituels des druides. Enfin, n’oublions pas la place fondamentale qu’occupe la musique celte dans l’héritage breton.

Pour preuve, le fameux Festival Interceltique qui a lieu à Lorient.

Il accueillait il y a peu, comme invité d’honneur : le Pays de Galles.

Il est intéressant de constater que la cornemuse, instrument emblématique de la culture Celte, est mis en avant dans les festivals bretons.

Dès 1977, la cornemuse était remise sur le devant de la scène avec le Festival des cornemuses de Brest.

Alan Stivell était déjà, en 1973, l’ambassadeur de la musique celte dans le monde.

Il disait qu’elle est : « l’apport le plus original de ces dernières années à la musique populaire ».

Il prévoyait que la musique et la culture celtique allaient devenir « l’une des grandes découvertes pour le monde ».

À en juger par le succès des festivals bretons et par la longue carrière du groupe breton Tri Yann, depuis les années 1969, Il semblerait qu’Alan Stivell ne se soit pas trompé !

Alan Stivell jouant de la harpe au festival de Cornouaille en 2016 à Quimper (Bretagne) - CC-by Kergourlay
Alan Stivell jouant de la harpe au festival de Cornouaille en 2016 à Quimper (Bretagne) – CC-by Kergourlay